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SOLISTES EUROPÉENS IN COLOGNE: Video and Interview (in French)

  • By Christoph König
  • 11 Apr, 2013

VIDEO: MIT DEN SOLISTES EUROPÉENS NACH KÖLN

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INTERVIEW: A LA TÊTE DES SOLISTES EUROPÉENS LUXEMBOURG CHRISTOPH KÖNIG, ENTRE RÊVES ET RÉALITÉ

Rencontre avec un chef d’orchestre ambitieux pour sa phalange, en marge du concert à la Philharmonie de Cologne

Les Solistes européens Luxembourg lors de leur concert à la Philharmonie de Cologne.

INTERVIEW: MARIE-LAURE ROLLAND

Depuis son arrivée à la direction de l’orchestre des Solistes européens Luxembourg, en septembre 2010, ce ne sont que louanges de toutes parts: Christoph König, le chef charismatique, le musicien iconoclaste, le conquérant de l’Amérique, le sauveur des SEL! Critiques et publics unis dans une même ferveur… Une telle unanimité, cela finit par paraître suspect. Rendez-vous est donc pris pour rencontrer notre homme en marge du déplacement de l’orchestre à Cologne. Le chef a signé un contrat qui le maintient aux commandes de la phalange jusqu’en 2016. L’heure est venue de faire le point sur le «miracle König».

Christoph König, vous avez repris les rênes d’un orchestre en grave crise existentielle il y a un peu plus de deux ans. Aujourd’hui, celui-ci semble au mieux de sa forme. Quelle a été votre recette pour réaliser cette surprenante résurrection?

Eh bien, je pourrais prétendre que je suis Dieu et qu’il s’agit d’un miracle… (rire, ndlr). Mais il y a sans doute une autre explication, à savoir que j’étais la bonne personne au bon moment pour cet orchestre.

Qu’est-ce qui vous avait poussé à relever le défi et vous motive aujourd’hui encore à poursuivre l’aventure jusqu’en 2016?

Trois ans, c’est court. Trois années supplémentaires ne seront pas de trop pour mener à bien le projet que nous avons mis sur pied. Ce qui me motive? Dès mes premiers contacts avec l’orchestre, j’ai été impressionné par son niveau. Je l’avais entendu il y a dix ans déjà lors d’une répétition à laquelle j’avais pu me rendre incognito. A l’époque, je n’aurais même pas osé pouvoir le diriger. Paradoxalement, même si notre Ensemble s’appelle les «Solistes Européens», je dirais que c’est l’intérêt pour le travail collectif qui caractérise cet orchestre et qui en fait la couleur particulière. Chacun a des engagements un peu partout en Europe et se retrouve 8 à 10 fois par an autour du programme que nous mettons en œuvre. Les musiciens sont capables d’une écoute réciproque remarquable. Cela est devenu très rare dans un orchestre. La musique n’échappe pas au mouvement d’individualisation qui touche toute la société. Chacun veut être la star – il n’y a qu’à regarder les émissions de télévision. C’est en général le chacun pour soi. Diriger les Solistes Européens est a contrario une expérience très singulière.

L’orchestre n’a pas de musiciens fixes. Ceux-ci sont recrutés au cas par cas en fonction des concerts. Comment s’effectue le choix des interprètes?

La difficulté est de parvenir à avoir certains musiciens sur des projets spécifiques, alors qu’ils travaillent parallèlement dans d’autres orchestres à l’étranger. Nos musiciens ne sont – malheureusement – pas davantage payés aujourd’hui qu’il y a 20 ans; c’est dire leur motivation! Je ne suis pas sûr que cela continue à fonctionner ainsi à long terme avec les jeunes générations.

Quelles sont les qualités d’un bon chef d’orchestre?

La sensibilité. Le respect pour les musiciens. La patience. Le fait d’avoir un concept musical autour duquel bâtir un programme stimulant. Et aussi d’avoir un horizon personnel au-delà de la musique.

Qu’entendez-vous par là?

Être capable de nourrir sa musique de lectures par exemple. Avoir lu Shakespeare, Proust, Joyce…

Vous avez lu Joyce?

J’ai commencé «Ulysse», mais je dois dire que je suis resté scotché assez vite. Du coup, j’en suis à écouter des commentaires de l’œuvre.

Vous avez donc une vie à côté de la musique?

J’aime la philosophie, la peinture, l’histoire de l’art, l’aviation, la navigation à voile, et aussi la randonnée. J’ai parfois du mal à trouver du temps libre, mais je me rends compte que je suis en bien meilleure forme pour un concert après m’être aéré l’esprit.

Les critiques louent la fraîcheur de votre style, votre énergie, votre intelligence musicale. Vous reconnaissez-vous dans ces qualificatifs?

Je crois que tous les musiciens ont une intelligence musicale. Pour ma part, j’essaie de parvenir au juste équilibre entre la fraîcheur de l’interprétation et la profondeur de la musique. Je dirais aussi que je ne suis pas un dogmatique. C’est au moment du concert que se décide la vision que j’ai d’un morceau.

Vous voulez dire que celle-ci peut varier d’un concert à l’autre?

Pour certaines œuvres, il est clair que plusieurs visions sont possibles. Je ne vois pas pourquoi je n’en retiendrais qu’une. Seuls les idiots le font. In fine, il faut bien sûr choisir, mais j’essaie toujours de le faire le plus tard possible.

Vous êtes joueur?

Absolument.

A côté de la direction musicale des Solistes européens, vous êtes chef permanent de l’Orchestra Sinfonica do Porto Casa da Musica et vous êtes de plus en plus sollicité aux Etats-Unis – où vous avez dirigé notamment l’orchestre de Baltimore et celui de Los Angeles. Comment parvenez-vous à mener tout ces projets de front?

Je reconnais que je suis parfois à la limite. Mais pour l’instant cela se passe bien.

Votre carrière a connu ces dernières années une belle courbe ascendante. Quel regard portez-vous sur votre trajectoire?

J’ai attendu, et finalement la chance a été au rendez-vous. Je ne fais pas partie de ces jeunes prodiges qui démarrent d’emblée une carrière fulgurante. L’avantage d’attendre, c’est que cela permet de mûrir.

Votre âge ne figure pas sur votre curriculum vitae officiel. Est-ce une question tabou?

Il n’y a pas une interview sans que l’on me pose la question de mon âge. Et plus on me la pose, moins j’ai envie d’y répondre. Je ne vois pas le rapport avec la musique et cela ne m’intéresse pas d’être mis dans une case…

Vous dites que faire une carrière relève de la chance. Et le talent?

Je ne crois pas au «If I want it, I do it». Il y a beaucoup de gens doués qui veulent réussir, et tous n’y parviennent pas. Oui, je peux dire que j’ai eu de la chance. Des rencontres au bon moment…

Que retirez-vous de votre expérience américaine?

Un rêve inaccessible qui devient réalité. A Baltimore, c’était complètement fou. Un accueil enthousiaste, une vraie communication avec le public.

Le public luxembourgeois est lui aussi sous votre charme. Comment expliquez-vous qu’il ait réagi aussi favorablement à une programmation plutôt iconoclaste par rapport à celle de l’ère de Jack Martin Händler?

Je crois qu’il était mûr pour cela. C’est un public conservateur mais curieux. Mon projet est simplement d’explorer le répertoire classique sous un jour nouveau. Par exemple en proposant une œuvre surprise au cours de la soirée. Ou en mettant en perspective une pièce classique avec un morceau davantage contemporain. Ou en interprétant un morceau peu joué d’un grand compositeur. Cela n’a rien d’extraordinaire et je ne suis pas le seul à le faire. Cela bouscule les habitudes mais le public y trouve son compte au milieu d’une offre musicale pléthorique. C’est une manière d’ouvrir de nouveaux chemins d’accès à la musique.

Qu’est-ce qui vous motive dans ce travail de transmission?

Je crois que la musique peut offrir à chacun une autre perspective sur sa vie, au-delà de ses soucis ou de son quotidien. Il y a une certaine magie là-dedans. C’est ce qui m’intéresse.

HIDE
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